Méditation

La nécessité de la Sainte Cène hebdomadaire : Renouer avec la première intention de Jean Calvin.

La Sainte Cène, pivot de la foi chrétienne, incarne le sacrifice salvateur de Jésus et son amour immuable pour nous.

Bien que sa fréquence varie à travers les églises, Jean Calvin, un figure de proue de la Réforme, prônait une célébration hebdomadaire, pour souligner son rôle vital dans la dynamique spirituelle des fidèles.

Au XVIe siècle, Calvin proposa à Genève de célébrer la Sainte Cène chaque dimanche, dans le but de fortifier les liens fraternels et la dévotion individuelle. Cependant, il rencontra l’opposition des autorités et des autres ministres qui craignaient que cela ne banalise le sacrement et posait des défis logistiques. Ils ont donc limité sa fréquence, préservant ainsi une pratique qui variait considérablement d’une région à une autre.

Dans son œuvre majeure, « L’Institution de la Religion Chrétienne » (Livre 4, Chapitre 17, Sections 44 et 46), Calvin développe sa pensée sur cette question. Il plaide avec éloquence que les fidèles devraient fréquemment participer à la Cène, comparant cette nourriture spirituelle aux repas corporels pris régulièrement. Il soutient que la pratique de l’Église primitive était de se rassembler hebdomadairement pour cette célébration, suggérant ainsi que la Cène devrait être observée « au moins une fois par semaine ». Cette perspective met en lumière son désir profond de voir la communauté chrétienne continuellement renouvelée et fortifiée par ce sacrement central.

Aujourd’hui, la pertinence de cette célébration hebdomadaire mérite d’être réévaluée malgré les résistances pour au moins 3 raisons.

D’un point de vue spirituel, la fréquence régulière de la Cène peut intensifier notre conscience de la présence de Dieu et consolider notre engagement envers notre foi. La répétition hebdomadaire, loin de banaliser le sacrement, permet aux croyants de se remémorer constamment l’œuvre rédemptrice du Christ et le pardon qu’il accorde.

Communautairement, la Sainte Cène hebdomadaire peut agir comme un catalyseur pour l’unité de l’église. Elle rassemble les croyants autour de la Cène, renforçant le sentiment d’appartenance et l’interdépendance au sein de la communauté de foi. En ce sens, luthériens, réformés, pentecôtistes, anglicans, et bien d’autres encore, unis par la reconnaissance de Jésus-Christ comme Seigneur de leur vie, partagent ce repas sur la terre comme ils le partageront dans l’éternité. Ce moment ne devrait pas être marqué par les frontières dénominationnelles, mais vécu comme un véritable banquet chrétien, célébrant l’unité et l’amour que Christ nous a commandés de vivre.

D’un point de vue théologique, augmenter la fréquence de la Cène ne réduit pas sa sainteté. Au contraire, cela souligne l’importance de la grâce dans la vie quotidienne des croyants. Comme l’enseignait Calvin, la Cène est un moyen de grâce, par lequel Dieu dispense sa bénédiction. Chaque célébration est une occasion de nous rappeler à nouveau cette grâce, approfondissant ainsi notre relation avec la Sainte Trinité.

Des églises contemporaines qui pratiquent la communion hebdomadaire témoignent de bénéfices significatifs : augmentation de l’assiduité aux services, renforcement de la compréhension de l’Évangile et amélioration de la dynamique communautaire.

Par exemple, certaines communautés rapportent une participation plus active aux activités de l’église et un soutien accru entre les membres. C’est ce que nous cherchons à vivre à l’Eglise Réformée Saint Jean-Baptiste.

En conclusion, la célébration hebdomadaire de la Sainte Cène est une tradition riche en significations et en bénéfices spirituels, communautaires et théologiques. Il serait enrichissant pour les communautés chrétiennes de reconsidérer la fréquence de ce sacrement, en envisageant de suivre l’exemple et les enseignements de réformateurs comme Calvin.

Appel à l’action : Réfléchissez à la fréquence de la Sainte Cène dans votre communauté et considérez les avantages d’une célébration plus régulière pour la vie spirituelle et communautaire de votre église.

Joseph Imbernon

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