Méditation

Le Débat Autour d’Alistair Begg et l’Approche Pastorale de Jésus.

Contexte :

Pour ceux qui auraient loupé la saga. Alistair Begg, pasteur et animateur radio chrétien, a récemment été au centre d’une controverse après avoir suggéré, lors d’un podcast, qu’il est acceptable pour une chrétienne d’assister au mariage gay de son petit-enfant pour maintenir les liens familiaux, tout en clarifiant sa désapprobation morale ou théologique de l’union. Cette position lui a valu des réactions, notamment l’arrêt de la diffusion de son programme « Truth For Life » par American Family Radio après plus de dix ans de collaboration.

Dans un sermon à l’église de Parkside, Begg a abordé cette question, affirmant qu’il n’est pas prêt à se repentir pour ses conseils. Il a souligné qu’il agissait par compassion et suivait le principe de l’amour chrétien, même envers ceux dont les actions ne sont pas approuvées par la foi chrétienne. Il a utilisé des paraboles bibliques pour illustrer son point de vue, telles que celle du fils prodigue, et a insisté sur la nécessité de traiter les autres avec grâce et bonté plutôt que de les rejeter ou de les affirmer sans discernement.

Il est important de rappeler que Begg maintient une vision biblique du mariage comme l’union à vie entre un homme et une femme.

La hache pastorale :

Maintenant, mon intention n’est pas de me focaliser sur Begg en personne, qui a déjà été suffisamment ciblé ces derniers temps. Je veux plutôt explorer l’ambiance qui se dégage de ses propos, et qui résonne dans les murs de l’Église. Je suis interpellé par cet air, ce timbre, ce parfum de compassion tellement intense qu’il pourrait même embaumer l’enfer.

L’argument qui me fait le plus tiquer est celui disant que « la hache n’est pas l’outil idéal pour aborder les questions pastorales ».

À nous, pasteurs aguerris, de solliciter peut-être le conseil du Pasteur Suprême ?

Bien que Jésus-Christ n’ait pas toujours recours à la hache, il est vrai qu’il l’a utilisée dans certains cas ! Vous en conviendrez ?
Je n’ai pas prétendu qu’il le fait systématiquement. Cependant, il ne faut pas non plus affirmer qu’il ne le fait jamais ! Que c’est impossible ! Qu’il ne faudrait surtout pas faire ça ! Etes-vous d’accord ? Il existe bel et bien des circonstances où il est nécessaire de recourir au bâton pastoral, ou bien, il faut changer de déguisement.

Prenons 3 exemples : Pierre, la Samaritaine et Marthe.

Dans Matthieu 16.23, après que Pierre ait rejeté l’idée de la souffrance et de la mort de Jésus, Jésus le réprimande sévèrement en disant : « Arrière de moi, Satan ! » Cette réaction forte montre que Jésus n’hésite pas à corriger même ses disciples les plus proches lorsqu’ils s’écartent du plan de Dieu.

Dans Jean 4.16-18, Jésus parle directement à la femme Samaritaine de sa vie personnelle, entrant dans son intimité, et révélant qu’il sait qu’elle a eu cinq maris et que l’homme avec lequel elle vit maintenant n’est pas son mari. Ce moment de vérité vise à ouvrir ses yeux sur sa propre vie et à la mener vers une transformation.

Enfin, dans Luc 10.41-42, Jésus s’adresse à Marthe, qui est préoccupée et agitée par de nombreuses choses, en lui disant que sa sœur Marie a choisi la meilleure part en écoutant ses enseignements.

Ces trois situations sont bien des situations pastorales ? Jésus aborde des situations personnelles avec vérité et clarté. Que la hache soit plus ou moins aiguisée selon la situation, il n’y a pas cet air, ce timbre, ce parfum de compassion tellement intense qu’il pourrait même embaumer l’enfer.

Conclusion :

La controverse autour d’Alistair Begg souligne un défi important de notre époque, elle met en lumière le défi de trouver le juste équilibre dans l’approche pastorale. Bien que la compassion et l’amour soient des valeurs centrales, souvent soulignées à juste titre, les enseignements de Jésus nous rappellent également qu’il est parfois indispensable d’adopter une approche plus directe et décisive, un aspect trop souvent négligé. Pour les pasteurs, il est essentiel de savoir quand privilégier la douceur, mais aussi de reconnaître les moments où il est nécessaire de recourir à une démarche plus ferme, que l’on pourrait qualifier de « hache pastorale ».

Joseph Imbernon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *